"Des poèmes sonores, des tableaux musicaux. A partir d'un seul
instrument, le violoncelle, des cordes comme s'il en pleuvait, une
pluie chaude et nourricière, fleurie, parfumée, une
ondée de grâce. Simplicité et ampleur,
nudité et majesté, un oxymore heureux, un
chef-d'oeuvre.
Dans la foulée d' Antony and the Johnsons, en opérant
des recherches, je découvre le somptueux premier album de la
violoncelliste canadienne (Vancouver, oui, je pâlis au nom de
Vancouver) Julia Kent. Il s'intitule
Delay, il est
sorti le 11/06/2007 sous le label Shayo. C'est, dans ces
dernières années, l'aventure musicale la plus
séduisante qu'il m'ait été donné
d'entendre. Je remercie, en écoutant ces pièces
somptueuses, la nature de m'avoir confié deux oreilles. J'ai,
à l'heure qu'il est, découvert quatre pièces
musicales de la violoncelliste extraites de son CD : Arlanda (superbe
pièce lente, ample, lancinante, aérienne), Gadermoen
(sens mélodique raffiné et presque nu, grave, puissant,
soyeux comme le grain de peau d'une amoureuse, pièce lente,
voluptueuse), Barajas (un vrai souffle, des ciels sublimes, des
vapeurs sonores éveillant, portant des images somptueuses),
Elmas (une sorte d'univers marin, des glissées de baleines, de
sirènes unies dans la grâce du mouvement, du ballet, du
mystère, du merveilleux). Il y a là, peut-être en
raison des merveilleux moyens qu'elle a mis au point pour retentir,
une sorte de mélancolie heureuse, une profondeur, une
majesté. Un violoncelle, un séquenceur, le talent de
Julia Kent, et voilà un album exceptionnel.